Qui sommes-nous?

  • : Pacte Rénovateur Paris 11è
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  • : Rénovation Gauche PS Parti socialiste Ségolène Royal Politique
  • : Le Pacte Rénovateur rassemble les militantes et militants qui pensent qu’il faut partir des acquis de la campagne présidentielle, de l’exceptionnelle mobilisation populaire suscitée par Ségolène Royal et du vent de rénovation qu’elle a fait souffler sur les propositions et sur la démarche politique des socialistes, pour mener à bien l’effort collectif de rénovation du PS. Ses débats sont ouverts à tous les socialistes qui veulent y participer.
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Derniers Commentaires

Agenda du Pacte rénovateur 11è

mardi 7 octobre - 18h30
AG Fédérale de présentation des motions
Lieu : Maison de la Mutualité, 24 rue t Victor, Paris 5è - Métro Maubert-Mutualité


samedi 18 octobre - 14 
Réunion de section - Préparation du Congrès de Reims
Débat thématique sur les motions
Lieu : AGECA, 177 rue de Charonne, 11è


jeudi 23 octobre 2008 - 20h
Réunion de section - Préparation du Congrès de Reims

3è débat sur les motions

Lieu : AGECA, 177 rue de Charonne, 11è

Nous contacter


Référents Pacte Rénovateur 11è


Christophe HARNOIS
crharnois@yahoo.fr 

  Alexandra TRINH
alextrinh@free.fr 

Congrès de Reims / Motion E



Téléchargez le texte de la motion :
http://www.fiersdetresocialistes.org/files/MotionFiersdetreSocialistes.pdf

Signez la motion ici :
http://formulaire.congresutileetserein.com/motion/


Les premiers signataires

Gérard Collomb, Vincent Peillon, Delphine Batho, Jean-Noël Guérini, Najat Vallaud-Belkacem, Aurélie Filipetti, Manuel Valls, Jean-Jack Queyranne, Louis Mermaz, Robert Navarro, Dâvid Assouline, Hélène Mandroux, Samia Ghali, Pascal Terrasse, Julien Dray, Yvette Roudy, Eric Andrieux, Alda Péreira-Lemaitre, Dominique Bertinotti, Guillaume Garot, Jean-Pierre Mignard, Jean-Louis Bianco, François RebsâmenS, Ségolène Royal.

 

Opinions

Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 00:06

Pierre-Yves Le Borgn' est membre du bureau national du PS et président de la Fédération des Français de l'Etranger . Il soutient la motion "L'espoir à gauche, fier(e)s d'être socialistes". 

Chères et chers camarades,

La campagne pour le Congrès de Reims est ouverte depuis le Conseil National du 23 septembre dernier. Les 21 contributions nationales présentées le 2 juillet se sont fondues dans 6 motions d’orientation, sur lesquelles les adhérents du Parti Socialiste seront appelés à se prononcer le 6 novembre prochain. J’ai choisi d’apporter mon soutien et ma signature à la motion «L’espoir à gauche, fier(e)s d’être socialistes», dont Gérard Collomb est le premier signataire. Cette motion résulte de la fusion des quatre contributions initiales de Gérard Collomb, Ségolène Royal, Gaëtan Gorce et Frédéric Léveillé.

Je souhaite ici expliquer les raisons de mon choix.Cette motion, sans doute n’y aurais-je pas contribué si je n’avais pas vécu de l’intérieur, comme responsable fédéral, le délabrement progressif et accablant du Parti Socialiste ces dernières années. Elle se fonde sur un constat cruel : l’esprit collectif qui fut si longtemps notre force, notre marque et notre fierté s’est perdu à force d’arrangements de court terme, de cacophonie savamment entretenue, de bal des égos et de synthèses politiques invertébrées. C’est peu dire que le courage politique a souvent manqué. La clarté aussi. Le Parti Socialiste est devenu inaudible. Cela fait longtemps qu’il ne travaille plus. Longtemps aussi qu’il n’écoute plus la société.

Tout débat dans le Parti est désormais associé à un enjeu de pouvoir, encourageant systématiquement la tactique au détriment du fond. Les sujets qui divisent sont prestement évacués et les petites différences artificiellement gonflées. Voilà plus de dix ans que n’a plus été réunie la moindre Convention Nationale ! Là où, sur le fond des politiques, il aurait fallu maintes fois foncer, prendre des risques, jouer la saine confrontation de nos idées, il ne fut question que de temporiser. Un an et demi ont passé depuis la défaite à l’élection présidentielle et la rénovation, la vraie, n’a toujours pas commencé. Car il n’y pas de rénovation qui vaille si, comme au printemps dernier, il est tout simplement dénié aux militants le droit de valider leurs propres amendements par le vote.

Voilà comment, prisonnier de ses errements, englué dans le non-dit, le Parti Socialiste n’a pas vu l’évolution récente du monde. Voilà pourquoi il campe sur une vision datée de la société, passant à côté de toutes les inégalités nouvelles que les scrutins ont pourtant mis en lumière et présentant de fait des propositions régulièrement décalées par rapport aux attentes des Français. Le Parti Socialiste est frileux. Rien ou presque sur le vieillissement de la population, la crise écologique, la financiarisation de l’économie ou l’avenir énergétique. Autant de sujets majeurs sur lesquels, pourtant, les Français nous attendent depuis longtemps et désespèrent de notre silence, au risque d’identifier François Bayrou et Olivier Besancenot comme la véritable opposition dans le pays.

Je ne me serais pas engagé derrière un texte qui ne soit ni réformiste, ni européen, ni fidèle aux valeurs du socialisme. Ce triptyque est ma boussole politique depuis toujours. Le réformisme, la volonté européenne, l’idéal socialiste, je les ai trouvés dans la motion «L’espoir à gauche, fier(e)s d’être socialistes». Parce que nous les y avons inscrits. Cette motion est le fruit d’un travail participatif, assis sur plus de 2000 contributions militantes préparées depuis le mois de mai. Signataires, nous n’en sommes pas les zélateurs passifs, mais les co-auteurs. C’est la force de la démocratie participative, cette méthode qui doit être développée au cœur du Parti Socialiste, à mesure qu’il s’ouvrira pour devenir le véritable reflet de la société française. Il faut associer en permanence les militants et les sympathisants à la réflexion du Parti. J’applaudis à la proposition de donner un droit d’interpellation et d’amendement aux associations et aux syndicats dans la phase préparatoire de nos Conventions et Congrès. Comme l’écrit la motion, à lui tout seul, le Parti Socialiste ne peut prétendre détenir toutes les réponses.

Il nous faut un Parti largement décentralisé, qui donne aux Fédérations le pouvoir d’animer les débats et de faire des propositions, qui deviendront celles du PS tout entier. C’est un pari sur l’intelligence, la responsabilité et l’engagement de chacun. Un Parti moderne, c’est un Parti qui vit, qui partage, qui propose au plus près des faits. Un Parti moderne, c’est aussi un Parti qui écoute sa base et qui, plus encore, sait la respecter. Plus jamais nous ne devrons revivre une saga telle celle, l’été dernier, des députés des Français de l’étranger, proposition issue des rangs de la FFE, reprise des années durant par les projets socialistes successifs et pourtant écartée en catimini par la direction du Parti Socialiste à la veille d’un vote essentiel au Parlement. Tout cela pour voir finalement, mobilisation de la FFE aidant, notre premier responsable national reconnaître l’erreur et exprimer ses regrets devant la Convention Fédérale quelques semaines après.

Je m’inscris dans le travail participatif qui conduit la motion à faire des propositions précises en matière de retraites, d’imposition, de pouvoir d’achat, d’environnement, de citoyenneté et de laïcité. Oui, par exemple, à l’unification des régimes de retraites sur la base de la réforme conduite en Suède. Oui à un autre calcul de la croissance, qui prenne en compte les dégâts du capitalisme sur le patrimoine écologique. Non à la privatisation d’EDF et d’Areva et oui à une taxe sur les profits de Total, qui finance un fonds « après pétrole », servant à subventionner le déploiement des énergies renouvelables et les transports publics propres. Oui à la suppression du paquet fiscal de Nicolas Sarkozy, dont le produit serait réparti entre la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, l’augmentation du budget de la recherche et la baisse de la dette. Oui, aussi, à la suppression des niches fiscales, qui conduira à réduire les taux d’imposition pour tous les Français. Oui, enfin, à un service national civique obligatoire pour tous les jeunes au service des initiatives collectives à mener dans notre pays.

N’ayons pas peur de frapper fort. Lutter contre Nicolas Sarkozy, c’est condamner la paupérisation voulue du service public télévisuel consécutive à la suppression de la publicité sur les chaînes de France Télévision et les millions d’Euros ainsi garantis aux amis Bouygues, Bolloré, Lagardère et autres. Alors proclamons que la défense de la liberté des médias est une cause nationale et que tout groupe privé, quel qu’il soit, dès lors qu’il vit de la commande publique, ne pourra détenir plus de 25% dans les grands médias. C’est un enjeu majeur dans la vie démocratique. Je m’arrête là. Ecouter la société, faire vivre la démocratie militante, formuler des propositions courageuses, voilà ce qui me conduit à soutenir la motion «L’espoir à gauche, fier(e) d’être socialistes ». Puissent ces propositions faire leur chemin dans le débat et contribuer ainsi au texte final du Congrès de Reims. Car l’échange qui s’engage doit être constructif, sincère et toujours, toujours amical. Il ne doit y avoir aucune exclusive. Je salue les amis qui font un autre choix que le mien. Au-delà de ce Congrès, si nous avons la volonté collective de le réussir, c’est ensemble que nous remettrons le Parti Socialiste au travail, en situation de s’opposer à Nicolas Sarkozy et de gagner en 2012.
A nous tous de relever ce défi.

Sincères amitiés socialistes,


Pierre-Yves Le Borgn’


NB : ce texte est extrait du blog de J.-M. Padovani sur Mediapart

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Samedi 6 septembre 2008 6 06 /09 /Sep /2008 15:41

Journal Le Monde - édition du samedi 6 septembre 2008

Faire gagner le Parti Socialiste

 

        
La rentrée politique est marquée par le constat brutal d'une crise sociale, économique et morale sans précédent, à laquelle s'ajoute une puissante instabilité des relations internationales. Les Françaises et les Français vivent avec inquiétude la dégradation de leur situation, et se désespèrent d'une amélioration prochaine de leurs conditions de vie.

L'enjeu du Congrès de Reims doit être mesuré à l'aune de la tâche historique qui nous attend. Si la gauche veut pouvoir prétendre à nouveau gouverner le pays et transformer la société, elle doit se mettre en ordre de bataille idéologique et politique. Cela suppose une analyse radicale et lucide des évolutions de la société, de nos propres manquements, et le courage d'opérer par rapport à notre doctrine, notre projet, mais aussi nos manières de nous organiser, de vivre ensemble et d'agir, des ruptures nécessaires. On voit bien à quel point le fait de reproduire les mêmes usages depuis des décennies, sans mesurer à quel point le monde a changé autour de nous, nous fragilise collectivement. Dans ce contexte, chacune de nos divisions ou de nos fautes de comportement est utilisée par nos adversaires pour discréditer la force de nos propositions et l'autorité de notre combat.

         Nous savons que la reconquête idéologique est la clé des victoires politiques de demain. Nous savons que le Parti socialiste, par ses élus, ses militants, toutes celles et tous ceux qui l'accompagnent, possèdent les ressources pour accomplir cette grande transformation et proposer un socialisme du XXI siècle puissant, juste, généreux.

         Cela suppose maintenant de faire précéder tous nos actes individuels d'une démarche de cohérence et d'ambition intellectuelle collective. Toutes celles et tous ceux qui mesurent leurs responsabilités et partagent le projet clair d'ouvrir un nouveau cycle politique de la gauche française doivent désormais se retrouver avec la volonté, qui a progressé, de trancher notre orientation politique et  de définir les nouveaux modes de notre vie commune dans la clarté. Toutes celles et tous ceux qui mesurent combien la fidélité à notre tradition et à notre idéal nous convoque aujourd'hui à écrire un avenir qui ne soit pas seulement un réarrangement de l'ancien mais l'invention audacieuse d'une nouvelle frontière doivent désormais se mettre ensemble à la tâche. Notre ambition c'est de faire gagner tout le Parti Socialiste à l'occasion du congrès de Reims.

         Car personne ne doit se tromper. Cette grande tâche supposera, pour vaincre les résistances, les archaïsmes, les paresses, les indisciplines, une majorité large, unie, soudée par le ciment des convictions et du respect. Rien ne pourra s'accomplir sans cette puissance collective. C'est donc à la constitution de celle-ci, sans exclusive, que nous appelons d'ici le 23 septembre.

Premiers Signataires :

Jean-Jacques Thomas (02), Patrick Allemand (06), Michel Neugnot (21), Michel Morin (22), Patrick Dubourg (28), Robert Navarro (34), Frederic Bourcier (35), Jean-Paul Chartron (42), Andre Chapaveire (43), Jean Guerard (47), Alain Bertrand (48), Serge Bardy (49), Guillaume Garot (53), Jean-Marc Todeschini (57), Frederic Leveille (61), Catherine Hoffarth (68), Hugues Manouvrier (73), Claire Donzel (74), Patrick Malivet (78), Françoise Billy (79), Vincent Peillon (80), Robert Alfonsi (83), Jean Burneleau (85), Jean-François Macaire (86), Anne-Marie Forcinal (90), Gilbert Annette (La Reunion), Pierre-Yves Le Borgn' (Français de l'Etranger), François Rebsamen (Maire de Dijon), Julien Dray (député), Philippe Doucet (Maire d'Argenteuil), Sébastien Pietrasanta (Maire d'Asnières sur Seine), Olivier Leonhardt (Maire de Sainte Genevieve des Bois), Lois Lamoine (Maire de Chateauneuf sur Loire), Elie Puigmal (Maire de Saint Esteve),

Liste non exhaustive :
Jean-Pierre Mignard (Délégué National), Laurent Grandguillaume (Délégué National), Pierre Chapdelaine (63),...

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Vendredi 8 août 2008 5 08 /08 /Août /2008 02:42

07 août 2008 - 19:14

Par Jean-Louis Bianco

Ce n’était pas un pari absurde que de confier à la Chine l’organisation des Jeux Olympiques. C’est un immense pays, une grande civilisation et une grande puissance. Malgré toutes les résistances, le développement économique, la mondialisation, internet font que l’ouverture de ce pays est inéluctable.

En dépit de quelques timides progrès, elle tarde beaucoup.

Et  les Jeux Olympiques auraient pu être une formidable occasion d’accélérer l’histoire, tout en saluant la fierté chinoise et les accomplissements économiques de la Chine.

L’occasion est  manquée, par inertie et faiblesse du Comité International Olympique et par la lâcheté d’une majorité de dirigeants politiques dans le monde, plus occupés de contrats que de droits de l’Homme.

Les opposants sont bâillonnés, la presse muselée, internet censuré, les pauvres chassés. La répression s’accroît  même à l’approche des Jeux. La Chine dispose de plusieurs dizaines de milliers de cyberpoliciers.

Elle a inventé une nouvelle catégorie de délinquants : les cyberdissidents. Selon Amnesty International, 500.000 personnes seraient détenues sans inculpation ni procès.

L’air à Pékin est tellement pollué que des athlètes ont renoncé à certaines épreuves. D’autres viennent d’annoncer qu’ils porteraient un masque anti-pollution pendant toute la durée des Jeux.

Quant à mon cher Tibet, dont la survie culturelle est menacée, vous avez remarqué : on n’en parle plus

Bon voyage à la cérémonie d’ouverture, Monsieur le président !

"Ce n’est pas à la Chine de fixer mon agenda ni de dicter mes rendez-vous" avait dit Nicolas Sarkozy.Pourtant il ne recevra pas le Dalaï Lama alors que celui-ci séjourne en France pendant près de deux semaines;

"Les droits de l’homme ne sont pas un détail" avait dit Nicolas Sarkozy.Pourtant il n’en dit pas un mot,il n’y fait même pas allusion dans son interview à l’agence Chine nouvelle.C’est grotesque de prétendre qu’il va,entre deux portes,pouvoir plaider la cause des dissidents.

La France ne s’honore pas de cette attitude.

Une fois les Jeux terminés je crains qu’un rideau de fer ne tombe sur le Tibet.

Jean-Louis Bianco

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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /Juil /2008 23:40

Faute d’avoir analysé les discours sexistes pendant la campagne des présidentielles, sommes-nous condamnés à les revoir en permanence revenir impunément ?

Il peut y avoir un débat sur l’usage que fait stratégiquement Ségolène Royal des cambriolages dont elle a été victime. Il y aurait un sujet d’enquête sur le retour de la surveillance des militants politiques, de la filature d’Olivier Besancenot à la création du fichier EDVIGE. Ces questions sont légitimes dans le débat démocratique. En revanche, on devrait s’inquiéter des arguments qui ont répondu aux déclarations de Ségolène Royal sur la libération d’Ingrid Bétancourt et sur la mise en cause du « Clan Sarkozy » dans le cambriolage de son appartement. Ces déclarations, s’attaquent-elles à ce qu’elle dit ou fait comme cela est légitime dans le débat démocratique ? Ou une fois de plus ces déclarations ne développent-elles pas des motifs d’arguments qui la réduisent à son sexe, à un « la-femme » pour reprendre le concept de Monique Wittig, à un « quelque chose au fond d’elle-même » qui ne lui autoriserait pas ses ambitions ?

“raison-enfant”

Le premier motif est celui de la « raison-enfant ». La femme n’a qu’une raison inachevée, incomplète, elle a beau être adulte, elle est toujours enfant. Ses frères et ses pères seront toujours ses parents et non ses égaux. Elle est sous tutelle et ferait bien d’écouter les grands. Elle est selon Laurent Wauquiez « la sophie des malheurs de Sophie », dont on se souvient qu’il lui arrive les pires malheurs parce qu’elle ne fait pas ce que lui recommandent les adultes. De même, selon François Fillon, avant de faire des déclarations sur la libération d’Ingrid Bétancourt, « elle aurait dû écouter François Hollande qui s’est comporté plus en homme d’Etat », tandis qu’elle, « était comme une petite fille dans une cour de récréation ». Voilà donc où mène de ne plus avoir d’homme dans sa vie pour guider sa raison restée enfantine… L’histoire récente des femmes est celle de cette tenue en enfance, en minorité. Le code de 1804 fait de la femme une mineure à vie. Les femmes doivent attendre 1945 pour obtenir le droit de vote, une partie de la gauche pensant que leur vote se ferait sous la domination de leurs maris ou des prêtres. Il faut attendre 1965 pour qu’une femme mariée puisse ouvrir seule un compte en banque. Aujourd’hui, dans les débats sur la prostitution ou le voile, combien de femmes voient leur parole délégitimée par ce thème de l’homme, du maque, du mari ou du grand frère qui serait le maître-adulte de leur raison-enfant ? Beaucoup d’hommes aimeraient d’ailleurs bien qu’il en soit ainsi. Ne prête-t-on pas à Sarkozy cette formule : « «Surtout qu’on me la garde et qu’on ne la change pas. C’est une opposante qui me va très bien » ? Enfant, poupée ou chien de compagnie ?
Il faut souligner combien cette image de l’enfant dans la cour de récréation, qui peut être utilisée sans désapprobation à propos d’une femme, est à ce point inacceptable pour un homme qu’elle aurait coûté sa place à PPDA…

Les pertes

Le second motif est celui de la « raison-nature »/ « raison-corps ». La femme - comme les noirs, les arabes, les jeunes de banlieues - a une parole de « sauvage », c’est à dire comme le rappelait Levi Strauss dans « Race et histoire », une parole qui l’a fait ressortir de la nature, des bruits de la nature, des animaux et non de la raison. Est « bruit », tout ce qui n’est pas « ma » façon de penser, base qu’il donne à sa définition de l’ethnocentrisme. A ce titre, la déclaration de Frédéric Lefebvre, l’un des porte-parole de l’UMP, est doublement intéressante. Pour lui, « la gravité des accusations proférées par Mme Royal est le signe qu’elle perd ses nerfs ». Le thème de la « perte » mériterait un long développement que pourraient abondamment illustrer les anthropologues. Dans les lois de l’Ancien Testament, la femme est forcément réduite à un état mineur en raison de ses pertes, de ses menstruations. Ses règles en font un être marqué par l’impureté et donc par l’incapacité de se rapprocher de la sainteté, au sens de l’incapacité à se rapprocher de Dieu. D’où l’interdiction de se rapprocher du Saint des saints, le lieu central du temple. D’où les nombreux versets sur l’impureté de la femme dans le Lévitique. Tout ce qu’elle touche devient impur, et toute personne qui touche ce qu’elle a touché le devient aussi.

Cette importance donnée aux pertes fait d’elle un être marqué par le manque, l’incomplétude. Les règles ne sont-elles pas le signal biologique qu’elle vient de « manquer » l’occasion d’une grossesse, qu’elle n’a donc pas profité de l’occasion de réaliser ce qui pourrait la rendre plus complète et vraiment « femme » : être mère ? Marie, fille pré-pubère, peut toucher la sainteté puisqu’elle est mère sans avoir connue les menstruations et le rester puisqu’elle n’aurait selon la lecture catholique - contre l’évidence du texte biblique - pas eu d’autre enfant…
Dans les sociétés traditionnelles, les règles d’isolement des femmes permettaient de repérer les moments où elles étaient contagieuses dans leur impureté. Mais aujourd’hui ? Plus rien ne venant marquer ce moment spécial, ne sont-elles pas soupçonnées d’être en permanence susceptibles de rendre impur ce qu’elles touchent ? Comment dans ces conditions accepter qu’elles rentrent dans les nouveaux saints des saints de l’économie, des médias ou de la politique, au risque de les rendre impurs et intouchables par ceux qui en sont les légitimes propriétaires : les hommes…

“Raison nerfs”

Pour Frédéric Lefebvre, ce que Mme Royal a perdu ce sont « ses nerfs ». Le bon sens ne brode-t-il pas justement sur ce moment des règles qui serait celui où la femme n’est que « nerfs », « énervement », où elle « a ses nerfs » ? Et si elle « avait ses nerfs » au moment d’appuyer sur le feu nucléaire ?
Cela nous rappelle que tout ces motifs d’une raison prisonnière de l’enfance, de la nature, du corps, renvoient au motif plus général de « l’hystérisation du corps des femmes » développé par Michel Foucault dans le premier tome de son « Histoire de la sexualité » comme « un des quatre grands ensemble stratégique qui développent à propos du sexe des dispositifs spécifiques de savoir et de pouvoir », les trois autres motifs étant la pédagogisation du sexe de l’enfant, la socialisation des conduites procréatives et la psychiatrisation du plaisir pervers. La femme est hystérisée en ce qu’elle est toute entière, selon Foucault, « qualifiée et disqualifiée » par son utérus, « corps intégralement saturé de sexualité ». La femme doit assurer la fécondité régulée du corps social, elle représente l’élément substantiel et fonctionnel de l’espace familial et a la responsabilité des enfants. Cet ensemble stratégique de l’hystérisation du corps des femmes a comme forme la plus visible « la mère » et une « image négative » : la « femme nerveuse ».
La raison-nature, raison-corps, raison-utérus, raison-nerfs est forcément le contraire de l’âme, de l’intelligence, et donc la négation de la raison-raisonnante, raison-adulte, raison-intelligence… raison-mâle. Prisonnière de sa raison-enfance ou de sa raison-corps, de sa raison-nerf, la femme n’a aucune légitimité à agir dans un système démocratique qui se veut régulé par la raison-raisonnante, l’échange d’arguments rationnels, la défense de l’intérêt général. Elle n’a pas la raison pour y agir, et cela se voit en particulier quand elle y échoue, quand elle fait des erreurs. Mettant en lien les dernières déclarations de Ségolène Royal avec son échec à la présidentielles, Jean-Pierre Raffarin se fait spécialiste des nerfs et déclare que « finalement le fait qu’elle ne s’est pas montrée à la dimension de l’enjeu, font qu’aujourd’hui il s’agit d’une personnalité politique fragile ».

Pas le droit à l’erreur

Mais il ne s’agit pas d’erreur.Une femme politique n’a pas droit à l’erreur. Des erreurs sont des mauvais choix, des choix produits d’un raisonnement. Ségolène Royal - ou Roselyne Bachelot - ne fait pas des erreurs mais des « bourdes », des « gaffes », termes qui renvoient à l’impensé, à la spontanéité, à l’immédiateté des nerfs qui parlent. Etre gaffeur n’est pas une pratique, un ensemble d’actes pouvant être soumis à la discussion publique. On fait des erreurs, on fait des gaffes, mais au fond on « est » gaffeur. Deleuze soulignait qu’il y avait des personnages qui sont à la mesure des concepts : à cet égard Gaston Lagaffe est à la mesure de la gaffe. Quand Libération titre « la gaffitude », il est fait référence à la « bravitude » évoquée par Ségolène Royal en Chine, cependant on pense moins à « la gaffe attitude » qui aurait pu renvoyer à une stratégie pensée et discutable qu’à une «lagaffitude » qui renvoie à une nature, une « lagaffité ».

“En tant que mère”

De son côté, Ségolène Royal ne prête-t-elle pas le flanc au développement de ces motifs sexistes ? Ne continue-t-elle pas aujourd’hui une double stratégie perdante débutée pendant sa campagne ?
On se souvient du premier motif de délégitimation qui lui fut opposé : celui de la femme au foyer. Après qu’elle eut déclaré qu’elle pourrait être candidate à la présidentielle 2007, Laurent Fabius s’était demandé : « Qui va garder les enfants ? ». La réponse à ces propos machistes fut double : une réprobation générale et une récupération stratégique. Face au piège d’être réduite à une « mère » et une « femme au foyer », contrairement à une attitude féministe classique qui aurait consisté à le récuser purement et simplement en sachant que cela reviendrait forcément, elle a choisi de l’utiliser. Ségolène Royal usa et abusa pendant toute sa campagne du motif du « en tant que mère », et continue aujourd’hui à le développer quand elle insiste sur la venue de ses enfants juste avant et juste après le cambriolage, quand elle se présente comme une « femme avec foyer » en mettant en avant son appartement familial. Cette tentative de récupération est-elle opérationnelle pour mettre hors-service le motif ? Cela suffit-il à mettre hors-service les autres motifs sexistes ? On peut en douter. Cela pourrait être une stratégie de retournement de la honte en fierté, comme l’ont fait dans l’histoire les « protestants », les « nègres », les « pédés », les « indigènes ». Cela aurait pu être une stratégie de déplacement de l’insulte dans un autre contexte pour en retourner le sens contre l’oppresseur, à la manière de ce que préconise Judith Butler pour les insultes sexistes ou homophobes. La stratégie de récupération de Ségolène Royal ne l’a-t-elle pas au contraire enfermée dans un motif trop puissant pour être retourné, au mois le temps d’une campagne ? Comme le faisait remarquer Cécile Daumas dans « Qui a peur du deuxième sexe ? » (Tapage, Hachettes, 2007), cela n’a-t-il pas au contraire entretenu ce motif ? Ce motif présent dans son discours n’a-t-il pas représenté une porte ouverte, voire donné une légitimité à tous les autres motifs sexistes autrement plus ancrés dans le dispositif discursif de la sexualité ? Empêchés d’utiliser le motif de la mère, mais légitimés dans l’usage d’une thématique sexiste, les adversaires de Ségolène Royal se sont repliés sur le double négatif de la femme nerveuse.

Faire clivage

Surtout, cette récupération stratégique de son sexe n’a-t-elle pas échoué en raison d’une deuxième erreur stratégique : Ségolène Royal en a fait un motif de son vocabulaire, de « communication », sans en avoir fait un vrai thème de débat et de clivage politique. A contrario, l’une des forces d’Obama ne fut-elle pas de donner à la question du clivage racial, au moins dans un premier temps, une place centrale dans le débat politique ? Son histoire personnelle, la minorité à laquelle il pouvait être renvoyée, l’inconfort de sa position de métis, son illégitimité de noir issu de l’immigration et non de l’esclavage, étaient des pièges potentiels qui sont devenus des arguments de sincérité, de vécu, d’expérience à l’appui de ses arguments politiques. En battant ses adversaires sur cette question du clivage racial, il a gagné la légitimité de développer d’autres thèmes en limitant les risques d’être en permanence ramené au premier.
Ségolène Royal sera-t-elle suffisamment féministe pour faire avec le clivage sexuel ce que Obama a réalisé sur la question du clivage racial ? Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons commencer à rentrer dans ce qu’Eric Fassin, nomme la « démocratie sexuelle », où la question sexuelle passera enfin de l’implicite de la petite phrase machiste à l’explicite du conflit politique.

Stéphane Lavignotte

Stéphane Lavignotte est pasteur et théologien. Derniers ouvrages parus : « Au-delà du lesbien et du mâle, la théologie queer de subversion des identités chez Elizabeth Stuart », préface d’Eric Fassin, Van Dieren 2008 et « Vivre Egaux et différents », L’atelier, 2008.

Source : Médiapart

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Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 11:52

Mise au point concernant la polémique déclenchée par les récentes déclarations de Ségolène Royal sur la libération d'Ingrid Bétancourt.

Tout d'abord, ses propos ont, comme souvent été sortis de leur contexte et c'est la version tronquée qui a été reprise en boucle par les médias (voir la déclaration complète sur http://www.dailymotion.com/video/x60nyn_royal-sarko-yade-ingrid-et-les-autr_news). Elle s'est bien entendue réjouie de la libération des otages et n'a pas remise en cause la joie qu'elle a suscité. Mais personne ne peut être dupe du talent de communicant du Président de la République et de l'usage qu'il en a fait par le passé (à noter d'ailleurs que 54% des Français pensent par exemple qu'il utilise son épouse pour restaurer son image).

L'UMP en a profité pour lancer une campagne de dénigrement et d'indignation feinte afin de décrédibiliser Ségolène Royal et de déstabiliser l'opinion publique, qui ne peut que partager le bonheur de la libération de l'ex-otage. Ce n'est pas la 1ère fois et ce ne sera sans doute pas la dernière que ce genre de stratagème est et sera utilisé.

Certains responsables socialistes avouent par ailleurs en off que S. Royal a raison.

Ensuite, il faut rappeler que Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, avait tenu exactement les mêmes propos : il a bien précisé que la France n'avait pas pris part à l'opération de libération d'Ingrid Bétancourt. Nicolas Sarkozy, contrairement eu gouvernement américain, a été informé au dernier moment de la libération et a été obligé de réunir une cellule de " communication de crise " pour organiser la suite des événements, et orchestrer avec brio cette grande communion d' émotion nationale. Il faut par ailleurs rappeler que le chef de l'Etat a toujours désapprouvé la stratégie de fermeté du président colombien Alvaro Uribe qui défendait l'idée d'une opération militaire, et que les négociations entreprises par l'Elysée avec les Farc ont échoué à plusieurs reprises, qu'un avion français destiné a récupérer les otages a décollé par 2 fois pour la Colombie suite aux tentatives de négociation, et que ces opérations ont été des flops retentissants.

Pour information, voici l'intégralité des déclarations de Ségolène Royal, ainsi que certains articles de presse (y compris du Figaro) qui vont dans le sens de son analyse :.

- La 1ère réaction de Ségolène Royal après la libération d'Ingrid Bétancourt : link

- la déclaration de Ségolène Royal (source de la polémique) dans son intégralité : link

- article de l'éditorialiste du Figaro : link

- article de Marianne : link- Libération : link

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Se souvenir des belles choses

 Concert de la Fraternité
Samedi 27 septembre 2008 - 18h au Zénith de Paris

 

Qu'est-ce que le Concert pour la Fraternité?

« Pourquoi le Zénith le 27 septembre ? Il s'agit d'abord d'un engagement que j'avais pris après la campagne présidentielle pour remercier les électeurs et les artistes de leur mobilisation exceptionnelle. C'est une façon d'exprimer ma reconnaissance et de faire vivre l’esprit joyeux et populaire que fut le 1er mai 2007 de Charléty. Les élections législatives et municipales qui ont suivi n’ont pas permis d’organiser cet évènement plus tôt.

Pourquoi le 27 Septembre ? J'entends déjà les critiques et les commentaires simplistes. Sachez, chers amis, qu'à l'origine, je souhaitais que ce rassemblement ait lieu le 21 juin, le soir de la Fête de la musique. Il était hélas impossible de le faire ce jour là. Nous avons donc retenu la première date disponible du Zénith.

Avec Désirs d’avenir, nous avons toujours pensé que la dureté de la politique n’est pas une fatalité et que les moments de rencontres joyeuses et musicales sont indispensables, là où se mêlent l’aspect festif et la réflexion politique ou sociale, la joie et le sérieux.  Dans une France où la plupart des catégories sociales prennent chaque jour un nouveau coup sur la tête, les militants, les sympathisants et les citoyens veulent partager des moments où ils se retrouvent ensemble. Unis. »

Ségolène Royal


La Fraternité à son Zénith - Clip vidéo
La Fraternité à son Zénith - avant 1ère

Medley Rue 89
Concert de la Fraternité - extraits

DIscours de Ségolène Royal

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